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« J'étais en zéro qui pointé ne fait pas mille et me voici en émoi de moi qui née en Rien se voit Toute en aboutie. J'étais en néante l'expulsée qui jamais ne pense par la pensée, rien qu'une nota bene en initiale d'Autre et me voici en océane qui sait « rien n'est encore arrivé ». » (Michèle Causse) |
« Quels problèmes posent la réception et la publication de vos ouvrages ? »
Michèle Causse : « Il y a deux types de réception. Deux types de lectrices : celle qui d’emblée ne veut rien savoir, parce que son habitus culturel l’empêche d’avoir accès à un propos pour elle frappé d’impossibilité, soit parce qu’elle n’a pas accès au style, au vocabulaire, et elle pense que c’est illisible, soit parce qu’elle ne peut pas supporter le message (le contenu). Il y a un double refus : qui me reçoit en tant que bonne praticienne de l’écriture (sic), ne me reçoit pas « politiquement » et celle qui pourrait me recevoir sur le contenu radical, ne reçoit pas mon style... »
« Je ne ferai pas une analyse de type académique qui m’ennuierait tout autant que vous et qui serait en totale dissonance avec l’originalité de l’œuvre de M. Causse. Je propose seulement de partager ma lecture, au gré de mon envie, sans chercher l’exhaustivité, d’autant que je ne parlerai que de ses œuvres de fiction. Ne livrant que ce qui résonne en moi. Du moins s’agit-il de la résonance d’un moment, car les mots de Michèle Causse sont agencés de telle façon qu’ils possèdent le pouvoir quasi magique d’entrer en résonance de façon exponentielle. C’est donc ma lecture ou une de mes lectures d’une œuvre en Graal. » Françoise Leclère
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Sommaire
L'entrée en lecture Voyages de la Grande Naine en Androssie L'Encontre ( ) Trois parolières de ce siècle
Questions à Michèle Causse
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Le 29 juillet 2010, jour de son 74ème
anniversaire,
Michèle Causse s'est suicidée. C'est un projet
dont elle nous parlait
depuis des années, et qui était
annoncé dans sa fable
autobiographique Voyages de la Grande Naine en
Androssie « En peau de Succombe
la voilà
qui pendant maint jours
concocte son heure, l'Heure dernière chaque jour avant
l'heure sonnant
l'heure. » Elle a souhaité que nous
disions qu'elle
a voulu dé/naître.
Je voudrais pour ma
part la remercier d'avoir vécu.
Michèle
nous laisse en héritage une oeuvre démiurgique
constituée de fictions,
de textes théoriques, d'une pièce de
théâtre, d'articles... Cette
oeuvre enrichit magnifiquement notre lesbimoine d'une
écriture en
dénonciations qui donne à voir et à
penser le monde tel qu'il est :
fondamentalement androcratique. Michèle n'a eu de cesse de
montrer que
le langage, principal véhicule de la culture
hégémonique, est un
androlecte, et les conséquences qui en résultent
pour nous pauvres
anomales en Animalie. Son oeuvre est pleine de propositions en
échappées belles, comme l'alphalecte... Sa
lecture est précieuse à
toute lesbienne qui sent le besoin d'entendre parler de soi dans
l'inédit de sa propre langue.
A titre plus personnel, je la remercie de m'avoir auteurisée, légitimée en tant qu'auteur, en me persuadant, il y a une quinzaine d'années, que je "devais" écrivre en écrivain. Je la remercie de son amitié, de la qualité extraordinaire de son écoute, de son empathie, et... |